Yves Bélorgey

Yves Bélorgey

Dalle de Bobigny Magic Cinema 2009, huile sur toile 150 x 150 cm

Depuis une quinzaine d’années, Yves Bélorgey parcourt les banlieues des grandes métropoles, de Marseille à Mexico, en passant par Varsovie ou Istanbul, pour en ramener des peintures et dessins de grand format d’immeubles HLM.
Les représentations de paysages urbains d’Yves Bélorgey, portent un regard critique sur les édifices de l’architecture moderne des années 60. Il les représente dans une frontalité brutale et exhibe l’organisation sociale qui conditionne le système urbain des banlieues. Ces barres d’immeubles sont représentées sur le mode du réalisme sans pour autant chercher à dupliquer la photographie, tout en excluant les préjugés sociaux dont ils sont d’ordinaire affublés. Le regard n’est à la fois ni pessimiste, ni optimiste, parfois imprégné d’une certaine nostalgie.
Les “œuvres” architecturales collectives dont on parle ici sont significatives d’une standardisation. Yves Bélorgey les aborde sur le mode documentaire, selon toutes leurs potentialités comme autant de cas particuliers et les désigne comme les lieux de formation du “corps social”.
Il observe ces immeubles comme les monuments d’un projet social révolu, comme les représentants des ruines d’une certaine époque dont l’ambition –aujourd’hui remise en question- était d’offrir un confort minimum pour tous. Il envisage la peinture comme un enjeu politique et lui donne un sens militant : réaliser des peintures d’immeubles signifie travailler le nombre, la densité et le paysage actuel de la ville ; c’est une façon de faire le pont entre le tableau et l’immeuble, deux œuvres autonomes isolées.

En 2003, Yves Bélorgey réalisait un ensemble de tableaux en hommage à Jean Renaudie, et s’attaquait ainsi pour la première fois aux immeubles d’un architecte « reconnu ». C’est alors l’occasion pour l’artiste de développer de nouveaux éléments picturaux dans sa peinture. Les particularités de ces architectures lui permettent d’intégrer des inserts dans la composition de ses tableaux, faisant ainsi se confronter perspectives fuyantes et vues frontales.
Pour sa seconde exposition à la galerie Xippas, il présente un ensemble de tableaux issus de repérages dans la banlieue de Londres. Les architectures, celles de Alison et Peter Smithson ou Alan Forsyth et Gordon Benson entre autres, ont été choisies pour leur statut comparable à celles de Renaudie, car ayant assimilé la critique de l’architecture rationaliste, en s’attachant à concevoir de nouveaux modes d’habitat.

Rue Parmentier a Montreuil 2009, huile sur toile, 150 x 150 cm
Rue du President Wilson a Montreuil 2010, huile sur toile, 120 x 120 cm
Vue de la rue des Sorins Bagnolet 2008-2009, huile sur toile, 150 x 150 cm
Ashiyahama (3) Kobe 2009-2010, huile sur toile, 105 x 105 cm

Advertisements
1 comment

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: