Archive

exhibitions

La Fabrique du pré – The making of a meadow

Photographies Cyrille Weiner, Nanterre, 2004-2012

Prix Lucien Hervé et Rodolf Hervé 2012 – Rodolphe Hervé et Lucien Hervé Prize 2012

De l’urbain à l’humain

Ce lit de verdure n’inspire pas l’abandon mais l’attente. Surplombant un échangeur immense, cerclé de tours, il est une butée végétale contre laquelle l’axe historique de l’ouest parisien s’est rompu. Sur ce bout d’autoroute retourné à l’état sauvage, les pierres ne racontent plus rien. Elles laissent advenir l’inouï. Sensible aux interactions du naturel et du construit, Cyrille Weiner interprète cet espace dans sa force de destruction et de renouveau : les poussées de sève font craquer le bitume, le sable fluide détruit des murs de soutènement, les plantes s’agrippent aux parapets de l’autoroute. Tout communique, déborde et se déploie sur ces infrastructures qui façonnent un paysage à la mesure de l’homme. La friche, avec ses emmêlements de plantes, convertit le territoire en une zone libre, ouverte à de multiples usages. Comme rescapés de villes où triomphent le repli sur soi, la propriété privée et l’isolement, quelques hommes reconquièrent ici leur temps, leur énergie et leur imaginaire. Cyrille Weiner observe cette réappropriation concrète de la friche, ces corps et mains qui bêchent, plantent, défrichent et fabriquent le pré. Mais cette réalité première est filtrée, transcrite en une fiction de fin du monde et de paradis perdu. Dans la friche au dessein suspendu, les repères de temps se troublent, ces hommes ressemblent aux premiers et aux derniers.

Marguerite Pilven, octobre 2012

From urban to human

This bed of greenery inspires not abandon but an awaiting. Overhanging a vast motorway junction, circled by towers, it is a vegetal stop against which the historical axe of the Parisian West comes to break. On this section of motorway returned to a state of wilderness, the stones tell no more stories. They allow the unexpected to come into being. Sensitive to the interactions of the natural and the man-made, Cyrille Weiner interprets the space in its force of both destruction and renewal: spurts of sap crack through the cement, fluid sands destroy the supporting walls, plants grip onto the motorway parapets. Everything communicates, overflows, spreading out over the infrastructures that shape the landscape to the measure of man. The wasteland, with its tangles of plants, converts the territory into a free-zone, open to a multitude of uses. As if escaped from towns in which introversion, private property and isolation triumph, a few men here seem to reconquer their own time, energy and imagination. Cyrille Weiner observes this concrete reappropriation of the wasteland, the bodies and hands that dig, plant, weed and hence create the field. But this primary reality is filtered, transcribed into a fiction of the end-of-the-world and a paradise lost. In this wasteland of designs suspended, usual bearings of time become blurred ; these men come to resemble both the first and the last.  

Marguerite Pilven, October 2012

Prix Lucien Hervé et Rodolf Hervé 2012

Créé à l’initiative de Judith et Lucien Hervé, ce prix de la photographie couronne le travail d’un jeune photographe professionnel, en mémoire de leur fils Rodolf, photographe.

L’École Spéciale d’Architecture de Paris est partenaire du Prix Lucien Hervé et Rodolf Hervé depuis 2004. Elle accueille l’exposition de Cyrille Weiner et Ildi Hermann dans la Galerie Spéciale.

The Lucien Hervé and Rodolf Hervé Prize

Created upon the initiative of Judith and Lucien Hervé, in memory of their son Rodolf, himself a photographer, the prize recognizes the work of a professional photographer, according to the objectives originally established by its founders.

The École Spéciale d’Architecture in Paris, is a privileged partner of the Lucien Hervé and Rodolf Hervé Prize and currently hosts the Cyrille Weiner and Ildi Hermann exhibition, in the Galerie Spéciale.
Exposition du 16 novembre au 7 décembre dans le cadre du Mois de La photo à Paris

Galerie Spéciale, Ecole Spéciale d’Architecture, 254 Boulevard Raspail, 75014 Paris

cyrille_weiner_prix_lucien_herve_installation_01

wec1212esa_0007

wec1212esa_0009

Installation views, Galerie Spéciale, Ecole Spéciale d’Architecture, Paris, 2012

“Je mets en scène des limites géographiques, des lieux que l’histoire semble avoir touchée, désertée, puis abandonnée à leurs propres effacements, et réalise en quelque sorte, une archéologie de l’intangible.”

Michel Mazzoni

 

Anabase. Prints BW & Color, 142 x 180 cm on aluminium + frame
God’s Left Eye MM A 6. Phoenix airport 2009/2011
printed on photo rag mat, mounted on dibond 17 x 31 cm
GLE MM A 8. Terminal airport Las – Vegas 2009/2011
printed on photo rag mat, mounted on dibond 17 x 31 cm
GOD’S LEFT EYE est une exploration en altitude de «mondes invisibles», un voyage graphique, une cartographie de territoires sans cesse soumis aux transformations humaines et naturelles. Le devenir même de nos vies dans le Tout-monde.
GLE MM D6 I 8 along Mexican Border 2009/2011
printed on photo rag mat, mounted on dibond 14,7 x 26    cm
GLE MM ZI 4 Tonopah test range missile 2009/2011
printed on photo rag mat, mounted on dibond 16,6x31cm
ArtistBook édité à 400 exemplaires, 18,5 x 19,3 cm. 96 pages, 33 images noir et blanc
Textes : Michel De Certeau, Jean Baudrillard, JG Ballard, Gerges Perec
Postface : Frederic Collier

Editions Enigmatiques 75016 Paris

Gravity

“Déjà, l’érosion volontaire de la plate-forme de L’AUTODROME puis des pistes d’envol de L’AÉRODROME avait signalé ce projet d’exil, en attendant l’arasement des sites de lancement du COSMODROME “ Paul Virilio
Series of 14 photographs 12.2 x 16 cm, device viewfinder, white cardboard 1 cm. Aluminum frames 30 x 40 cm. Project artisbook edition
Weightlessness
Print 142 x 180 cm on aluminium + oak frame, or Ink-Jet Print on matt paper, dimensions according to the space

Les espaces, le temps et les hommes

Zones désertiques, steppes, montagnes s’opposent, sont des territoires hostiles à la présence de l’homme et le restitue à sa place : celle d’entité négligeable dans l’univers

« Deleuze les définissait comme des espaces lisses de pure connexion. Ce sont pour moi des panoramas zéro, proche de l’abstraction » Michel Mazzoni

L’une des interrogations posées par Michel Mazzoni, dans ces photographies, dans ces lieux, est donc la place de l’homme. Le photographe ne joue pas d’une dualité homme contre-nature, il reste sur un plan d’immanence. Dans nombre de ses photographies, sa trace reste présente, par indices, résidus ou par l’architecture… Elle est signifiée par l’entropie elle-même, se piste par abandons successifs de lieux autrefois fréquentés par la présence humaine. Lieux délaissés et livrés à l’épreuve du temps ? Le vecteur temps revêt une grande importance dans le travail de Michel Mazzoni. Il capte cette illusion de l’immuabilité des choses et en dévoile l’impermanence, d’où aussi nombres de photographies aux poses longues, tentatives de saisir cette impermanence, incommensurable…

Ces territoires, ingrats, abandonnés, le photographe n’en fait pas des « natures mortes », la présence même infime de l’humain vient toujours s’imprimer dans ses photographies. Pour lui, il y a une tentative de changer d’échelle, qu’elle soit temporelle, géologique ou encore architecturale… Ces procédures de changement impliquent un effort abstractif, une tentative de pas se placer à hauteur d’homme et à reconsidérer sa propre position de photographe. Le changement d’échelle implique soit d’envisager les choses du côté macroscopique ou microscopique. Quoi qu’il en soit, l’humain reste toujours une entité perdue dans le cosmos…

Pose B (extrait), Valéry Poulet août  2012

http://www.michelmazzoni.com/

http://www.michelmazzoniproject.blogspot.fr/

http://www.anyspace.be/

La Montagne était à l’origine un projet commandé par la ville de Clermont-Ferrand. Il devient aujourd’hui le nouveau livre de Christophe Bourguedieu.

La Montagne

photographie Christophe Bourguedieu, texte de Michel Poivert

format 28×23 cm, 64 pages, 26 reproductions quadrichromie

Editions Loco, juin 2012

 

L’articulation des photographies, par « phrases » rythmées, dévoile progressivement une autre lecture du récit : dès l’ouverture, la rue qui mène à l’usine Michelin et à ses cheminées fumant sous un ciel orangé apparaît comme le théâtre d’une tragédie provinciale, les colonnes ainsi figurées annonçant le bois enchanté dans lequel veille un chien blanc. Des passions étouffées s’agitent. Un homme tire au pistolet, une jeune femme détourne la tête, des rugbymen épuisés s’effondrent sur le terrain comme des chevaliers vaincus. La Montagne nous montre comment l’univers de Christophe Bourguedieu s’adapte pour décrire nos contemporains, le mélange des temps, la présence des « gens », et s’engage sans hésiter dans un prosaïsme réenchanté.

 

« Aux États-Unis (Éden), en Finlande (Tavastia) ou bien encore en Australie (Les Passagers), Christophe Bourguedieu travaille depuis longtemps à saisir par les corps, les regards, les chemins et les architectures, le sentiment d’un monde contemporain occidental. Ce que l’artiste perçoit est le réservoir des humains. Des lieux où une communauté maintient dans un transparent secret l’héritage démocratique. Pour une fois en France, il nous livre avec La Montagne une ballade – genre réservé à la musique, mais dont je vois ici un équivalent –, une ballade photographique donc, pour se plonger dans l’espace de la collectivité. » (Extrait du texte de Michel Poivert)

 

Signature le mercredi 20 juin 2012, librairie photographique le 29

Une exposition des œuvres de Christophe Bourguedieu se tiendra du 15 juin au 19 septembre 2012 au Centre photographique de Clermont-Ferrand.

New book by Nina Poppe

88 pages, hardcover, first edition 800
Published by Kehrer Heidelberg Berlin 2011

Photographer Nina Poppe (Germany, 1979) has spent a significant and intensive amount of time together with the Ama. These legendary fisherwomen of the Japanese island of Ise-Shima dive for Abalone, using no equipment, in water that is up to 30 metres deep. Abalone is a type of sea snail that is considered a delicacy and that commands high prices. The diving is dangerous and tiring, yet the divers often continue to practise their trade into old age.

Within this centuries-old tradition a big shift is occurring; more and more young women choose life in the cities instead of diving. The abalone are becoming scarcer too, due to the water temperature rising as a result of climate change.  In contrast to earlier photo reportages about the Ama that concentrated on the diving itself, Poppe’s work emphasises the community of the Ama, which is principally run by women.

Nina Poppe photographed the life of the Ama both in the water and on the island. Her images reveal the social context in which these women live. At times, the images seem slightly alien: the women, clad in black wetsuits, large gloves and a white scarf wrapped around their heads, sometimes seem to have stepped out of another world. Poppe’s photographs are characterized by a clear composition and a soft colour palette in which the blue of the sea and the sky is a recurring theme. Besides the photos by Poppe, the exhibition will also include films that contributed to the myths surrounding the Ama – many thought that the women, who in earlier times dove without masks and wearing just loincloths, were searching for pearls.

Nina Poppe was born in 1979 in Münster, Germany. She earned a bachelor’s degree in photography from the Utrecht School of the Arts (2003) and a degree in film and photography at the Academy of Media Arts in Cologne (2011). She participated in a number of exhibitions in museums including the Fotomuseum Winterthur, Zürich (2007), the Goethe Instituut, Rotterdam (2008) and Kunstverein Leverkusen, Leverkusen (2012). Poppe has produced two films; Sunrise Dacapo (2008) and Stichtdag (2009). In 2010, Kehrer Verlag published her book Ama

source : foam

Ama by Nina Poppe can be seen from 11 may to 27 june 2012 at Foam. Open daily 10 am – 6 pm, Thurs/Fri 10 am – 9 pm.

Foam

Keizersgracht 609
1017 DS Amsterdam
phone: + 31 (0)20 5516500
www.foam.org

 

Duplicata

A Collective Bookmaking Experience
3 May 2012 in Berlin

1/2 proposes an experience of book making. The idea is to make a collective publication in real time with only the help of a copy machine. The action is open to the public and starts with a call for entries where everybody can send via post a photograph they want to share. The aim is to generate an original publication with copies of copies of copied images, the copies becoming an original artwork.

Duplicata is kindly supported by Modulor Stiftung, Papyrus Com., Nina Reisinger and Tecco.

More infos on www.undemi.fr

www.undemi.fr

 

 

Domingo Milella : A view from Castelmezzano

Outer edges of some buried age. A view from Castelmezzano: rupestrian cultures in the Mediterranean region and beyond

Castelmezzano, Basilicata, 2010

Castellaneta, Basilicata, 2010

On the 3rd of September in Castelmezzano, Italy, opened Outer edges of some buried age. An exhibition curated by Chiara Capodici and Fiorenza Pinna featuring the work of photographer Domingo Milella. The exhibition takes place at Palazzo Coiro, an old aristocratic palace in the centre of the village, and it is visible only by daylight.

Pietrapertosa, Basilicata, 2010

Outer edges develops around the concept of landscape, identity and memory referencing Pier Paolo Pasolini’s notion of Post-history as the acknowledgement of an inevitable clash of ancient and modern times in a society that is slowly losing any sense of community and belonging.

“I am a force of the Past. My love lies only in tradition. I come from the ruins, the churches, the altarpieces, the villages abandoned in the Appennines or foothills of the Alps where my brothers once lived […] Or I see the twilights, the mornings over Rome, the Ciociaria, the world, as the first acts of Post-history to which I bear witness, for the privilege of recording them from the outer edge of some buried age.”

This site-specific exhibition moves from a study on the identity of the village of Castelmezzano and reaches out to the countries and the populations that settled along the coast of the Mediterranean Sea—Italy, Egypt, Turkey, Greece—and Mexico in search of territories marked by a similar ancient history and cultural experience of the landscape.

Acitrezza, Sicily, 2009

In his journey Domingo Milella explores and compares the different expressions of a sense of belonging and community which leaves a legacy that, impressed on the stones, determines the face of the landscape. Territory and identity are considered part of a collective history and memory that connect these cultures throughout the globe.

Domingo selects specific places and stories following a fil rouge that takes him on a historical pilgrimage from Castelmezzano to Mexico via the regions of Southern Italy and the Anatolia. The images of the rupestrian settlements in Phrygia, Cappadocia, Giza, Polignano, or Mexico City all reveal how deeply intertwined the relationship between man and nature has been over the years.

Sanctuary-Monastery, Phrygia, Turkey, 2011

Soganli, Turkey, 2011

Valley of Ilhara, Turkey, 2011

The Arabs took advantage of the natural architecture of Pietrapertosa to preserve the safety of their community. They used to take refuge in the hole of the mountain that overlooks the town—after which Pietrapertosa was named—to observe without being seen. Similarly, the image of the Tomb of Midas depicts the encounter of nature with archaic and modern civilisation. The tomb, as a symbol of the myth, is carved in the stone while a person holding a digital camera stands in front of it photographing the monument. Lastly, Mexico City which is represented as a crossroad of three different cultures—the Aztec, the precolonial and the modern state—all of which indelibly imprinted their own identity onto the face of the city.

The interventions of man shaped the landscape the same way as the landscape influenced the development and the identity of the society.

Elisa Badii

Domingo Milella, Outer edges of some buried age. A view from Castelmezzano: rupestrian cultures in the Mediterranean region and beyond

Until October 3, 2011

Palazzo Coiro
Castelmezzano
Potenza
Italia

Tlatelolco, Square of the Three Cultures, Mexico City, 2004

Giza, Egypt, 2009

All images Courtesy of Domingo Milella and Brancolini Grimaldi

http://www.treterzi.org
http://www.brancolinigrimaldi.com

The exhibition is an initiative of The View From Lucania, a project devoted to the South of Italy based in Basilicata. TVFL in collaboration with the township of Castelmezzano, which has financed the exhibition and the whole project.  www.theviewfromlucania.com

thanks to La lettre de la photographie

PiY
Publish it Yourself
is an event focusing on self-published photobooks

PiY is being held 9-11 September 2011, at Maison d’art Bernard Anthonioz in Nogent sur Marne

Laurence Vecten shows her selection of books, compiled in a catalogue.
This year PiY is focusing on artists Preston is my Paris, their work and publications.

Various events punctuate the week-end :
– a workshop with Preston is my Paris
– a workshop with Boehm Kobayashi
– a talk with Frédéric Teschner, Preston is my Paris, Boehm Kobayashi, Laurence Vecten, moderated by Rémi Coignet
– OFF-PiY : books out of the selection

If you wish your book to be presented in OFF-PiY,

publishityourself (at) gmail.com

PiY
Publish it Yourself
une exposition de livres de photographie auto-publiés.

PiY a lieu les 9, 10 et 11 Septembre 2011 à la Maison d’art Bernard Anthonioz, à Nogent sur Marne.
Laurence Vecten y présente une sélection de livres de photos auto-publiés, consignée dans un catalogue.
Dans cette deuxième édition, l’accent est mis sur le travail et les publications du duo d’artistes Preston is my Paris.

En marge de cette sélection, différents évènements ponctuent le week-end :
– un workshop de Preston is my Paris
– un workshop avec Boehm Kobayashi (avec le Bal)
– une conférence avec Frédéric Teschner, Preston is my Paris, Boehm Kobayashi, Laurence Vecten, modérée par Rémi Coignet
– OFF-PiY : la présentation de livres hors sélection

publishityourself (at) gmail.com

see also LOZ, Laurence Vecten’s blog

%d bloggers like this: