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Monthly Archives: February 2010

Yves Bélorgey

Dalle de Bobigny Magic Cinema 2009, huile sur toile 150 x 150 cm

Depuis une quinzaine d’années, Yves Bélorgey parcourt les banlieues des grandes métropoles, de Marseille à Mexico, en passant par Varsovie ou Istanbul, pour en ramener des peintures et dessins de grand format d’immeubles HLM.
Les représentations de paysages urbains d’Yves Bélorgey, portent un regard critique sur les édifices de l’architecture moderne des années 60. Il les représente dans une frontalité brutale et exhibe l’organisation sociale qui conditionne le système urbain des banlieues. Ces barres d’immeubles sont représentées sur le mode du réalisme sans pour autant chercher à dupliquer la photographie, tout en excluant les préjugés sociaux dont ils sont d’ordinaire affublés. Le regard n’est à la fois ni pessimiste, ni optimiste, parfois imprégné d’une certaine nostalgie.
Les “œuvres” architecturales collectives dont on parle ici sont significatives d’une standardisation. Yves Bélorgey les aborde sur le mode documentaire, selon toutes leurs potentialités comme autant de cas particuliers et les désigne comme les lieux de formation du “corps social”.
Il observe ces immeubles comme les monuments d’un projet social révolu, comme les représentants des ruines d’une certaine époque dont l’ambition –aujourd’hui remise en question- était d’offrir un confort minimum pour tous. Il envisage la peinture comme un enjeu politique et lui donne un sens militant : réaliser des peintures d’immeubles signifie travailler le nombre, la densité et le paysage actuel de la ville ; c’est une façon de faire le pont entre le tableau et l’immeuble, deux œuvres autonomes isolées.

En 2003, Yves Bélorgey réalisait un ensemble de tableaux en hommage à Jean Renaudie, et s’attaquait ainsi pour la première fois aux immeubles d’un architecte « reconnu ». C’est alors l’occasion pour l’artiste de développer de nouveaux éléments picturaux dans sa peinture. Les particularités de ces architectures lui permettent d’intégrer des inserts dans la composition de ses tableaux, faisant ainsi se confronter perspectives fuyantes et vues frontales.
Pour sa seconde exposition à la galerie Xippas, il présente un ensemble de tableaux issus de repérages dans la banlieue de Londres. Les architectures, celles de Alison et Peter Smithson ou Alan Forsyth et Gordon Benson entre autres, ont été choisies pour leur statut comparable à celles de Renaudie, car ayant assimilé la critique de l’architecture rationaliste, en s’attachant à concevoir de nouveaux modes d’habitat.

Rue Parmentier a Montreuil 2009, huile sur toile, 150 x 150 cm
Rue du President Wilson a Montreuil 2010, huile sur toile, 120 x 120 cm
Vue de la rue des Sorins Bagnolet 2008-2009, huile sur toile, 150 x 150 cm
Ashiyahama (3) Kobe 2009-2010, huile sur toile, 105 x 105 cm

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Gilles Saussier

En 1989, Gilles Saussier avait couvert pour l’agence Gamma, la révolution en Roumanie. Depuis 2003, il y est revenu régulièrement pour pratiquer une relecture de ses photographies d’actualité, et mettre en relation les événements de 1989 avec le passé plus lointain et la situation actuelle du pays. Vigoureuse critique du photoreportage, Le Tableau de chasse est aussi une méditation sur l’art et la mort, l’histoire racontée par les pouvoirs et la mémoire des sans-voix.

Le Point du Jour
Format : 17 x 23 cm, 158 pages, 85 photographies en couleurs et noir & blanc
ISBN : 978-2-912132-63-5
Parution : mars 2010

Le Tableau de chasse – Tir # 3, Roumanie, 2004

« Il ne suffit pas d´être au cœur des grands événements et de les photographier pour écrire l´histoire. Dans « Le Tableau de chasse », je reviens sur mes propres photographies de la révolution roumaine, prises entre le 23 et le 26 décembre 1989 lorsque j´étais reporter à l´agence Gamma. Ces photographies – dont un instantané de soldats sous le feu, publié dans Time, Stern, Paris-Match – permettent-elles de penser au présent l´histoire des événements de la révolution roumaine ?

Je suis retourné depuis 2003 à plusieurs reprises enquêter à Timisoara et montrer mes photographies à des acteurs de la révolution roumaine. Ces images, prises avec les premiers reporters étrangers, et ne concernant pas les journées décisives de l´insurrection entre le 16 et le 20 décembre, ont peu intéressé mes interlocuteurs roumains.

À Timisoara, aucune photographie n´a permis d’établir la responsabilité de l’armée roumaine dans le meurtre de 146 civils et les blessures infligées à 400 autres personnes. On sait cependant que c’est l’armée roumaine qui a tiré sur la foule désarmée et non pas la Securitate qu’aucun reporter étranger n’a pu voir ni photographier. Parce qu’elle montre des soldats de l’armée roumaine victimes de tirs, que les journaux ont systématiquement attribué à la Securitate, ma photographie de Stern a symboliquement dédouané l’armée de ses crimes envers les civils.

Vingt ans après les événements, on ne sait toujours pas qui tirait sur ces soldats mais on continue de publier ma photographie. Pour la profession, cette image reste une excellente image de guerre. Pour tous ceux qui cherchent à penser la révolution roumaine, elle est une image dont il faut travailler l’actualité.

C´est ce travail que je propose en confrontant cette photographie à des nouvelles séries d’images sur lesquelles on voit des journalistes tirer au fusil lors d’un voyage de presse de la fédération de chasse de Timisoara ou bien des portraits d’ouvrières de l´usine Elba, où a été déclenchée la première grève de la révolution roumaine.

La monumentalité des images-symboles, affranchie le plus souvent des exigences minimum de contextualisation, fige la pensée et le questionnement de l´histoire. Ces séries proposent au contraire d´autres lectures et une méditation sur le rapport des images à l’histoire, à la mémoire, au monument. Elle interrogent également la manière dont l’héroïsme des reporters peut parfois recouvrir celui des acteurs des événements eux-mêmes. »

Cimetière des pauvres de la rue Lipovei, Timisoara, 2003

Gilles Saussier, né en 1965, développe des projets qui entrecroisent photographie documentaire, art conceptuel et anthropologie visuelle. Son travail a récemment été présenté au MACBA de Barcelone. Il a déjà publié au Point du Jour en 2005 Studio Shakhari bazar.

Exposition du 6 mars au 6 juin 2010, Le Point du Jour, Cherbourg


Silverpoetics projects on a lighter form now also on tumblr, with daily posts of single images.

http://silversilver.tumblr.com/

kaugummi books

Kaugummi is an independent publishing house and a label based in Rennes, France.
They publish and promote artist books, zines nd records since 2005.
They mainly focus on contemporary drawing, photography and psych sounds.

Kaugummi Books
8A allée Pierre Tumoine
35000 Rennes
France

éditions FP&CF

TELL MUM EVERYTHING IS OK #2 “OUTSIDERS”

– Limited edition of 300 ex.
– Hand numbered

Fanzine printed on “Cyclus offset” 140g, a wood-free paper
Type used : ITC Officina Sans et Serif
Format : 143 x 195 mm
Cover : “Natural Evolution” 280g
Extend : 80 pages

The Éditions Frédéric Pierre & Camille Françoise / Éditions FP&CF are an associativ and independant publishing house based in Paris, France.

They publish the fanzine TELL MUM EVERYTHING IS OK and some portfolios of young photographers.

The Editions FP&CF is also a collective identity composed by Claire Schvartz, Maxime Milanesi and all the people who help and participate to the creation of our editorial productions.

Cyrille Weiner

“La valeur des villes se mesure au nombre des lieux qu’elles réservent à l’improvisation” Siegfried Kracauer, Rues de Berlin et d’ailleurs, 1964

Le ban des utopies, 2007

album japonais Moleskine, 60 pages pliées en accordéon, tirages jet d’encres pigmentaires, tampons d’encre

édition limitée à soixante exemplaires, pour Cheminements 2008 Le paysage comme terrain de jeux, Centre de photographie de Lectoure

Joachim Brohm

Steidl, 2008. 120 pp., 40 color illustrations., 11½x9¾”.

Joachim Brohm’s work demonstrates that there are other kinds of “straight” photography in Germany besides the “Becher school.” The effect of Brohm’s work is comparable to that of the Bechers: he equates reproduction and the autonomous image, realism and abstraction, but his vision is different. While Thomas Ruff, Thomas Struth, or Axel Hutte place classical subjects such as humankind, a landscape, or the city at the center of their work, Brohm’s images seem strangely empty. Their centers seem to have fled; a surface has appeared in front of the camera’s lense that surrounds the actual image. In one image, a high wall obscures a house; one can only see the chimney and the peak of the roof. In another, one can only surmise what can be seen through the holes of a sheet of corrugated iron. Decentralization, the empty center becomes characteristic of Brohm’s work; the dynamic components of the image are pressed to the periphery just as in the paintings of Sam Francis or Clyfford Still.

The coverings – walls, fences, or ceilings – that Brohm photographs stress the two-dimensional character of the photographic image. Sometimes triangles on the edges allow surprising glimpses into the depth of an image, and they prevent one from considering Brohm’s photography as conventional abstract work. Doors and windows also break through the surface. In one of his best works, the structure of a simple rental house’s facade is revealed through its broken stucco. Also, the image is slightly crooked so that the windows are cropped. The special but unspectacular choice of this strange view makes this photograph a rhythmical, appealing representation of muted color.

Brohm also moves the central image around the photograph through the use of strange camera angles. In several works it seems as if the camera had fallen forward off the tripod. Instead of architecture one sees street or grass. And these flat forms are imprinted by structures or signs of the past. For example, tire tracks have created a crucifix in the middle of a golf course. Or storms and damage have left behind traces on walls, signs that appear self-referential in these photographs. The photographed traces become traces on the photographic paper.

Characteristic of Brohm’s work is a dark, cloudy sky that appears white in the photographs. Another photographer would light the image so that the sky would have a gray tone in order to differentiate between image and paper, but Brohm prefers to allow the two to merge. Thus, background and subject are combined and create marked forms beyond the rectangle.

Behind these formal concerns, there lies a political and social content. In a new work – an image of a mosaic with classical decoration – small swastikas actually form the pattern. This is not immediately apparent, but upon closer examination they are evident. This mosaic is still in the entry foyer of the Haus der Kunst in Munich which, in 1937, was dedicated to the city by Adolf Hitler as a National Socialist temple of art.
By: Justin Hoffman & Charles V. Miller, Artforum International, January 1, 1993

(quoted from American Suburb X)

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